La femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre - Série (2022)

La femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre - Série (2022)

920 SEED
322 LEECH

Vin, cachets, plats en cocotte et imagination font le quotidien d'Anna qui est obnubilée par son voisin canon, jusqu'au jour où elle assiste à un meurtre. Ou pas… ?

La femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre streaming VF

La mini série Netflix au nom à rallonge avec Kristen Bell est sortie sur Netflix et une chose est sûre, c’est que c’était un projet intrigant. D’une part parce qu’il y a mtfing Kristen Bell ma chouchoute et best actrice tragi-comique et d’autres part parce qu’il faut bien l’admettre, un titre comme celui-ci ne manque pas de singularité. C’est donc aisément que le projet m’aura tapé dans l’œil et après une bande annonce qui montait crescendo dans la bouffonnerie, la connerie, la folie et le grand-guignol, je me faisais une joie de découvrir La femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre.Rien qu’à son nom à coucher dehors, on sent la série se moquer d’un genre de film très spécial style La femme à la fenêtre ou La Fille du Train. Après Fenêtre sur cours du maître qui avait popularisé le phénomène, on a connu une vague de film de voyeuriste dont les précédents films cités et cette mini-série s’inscrivent, à ceci près que ces trois récits mettent en scène une héroïne. Chacune de ces trois œuvres répondent à un nombre incalculable de similitudes comme le fait de narrer l’histoire d’une femme divorcée et solitaire ayant un certain penchant pour l’alcool, gaspillant son temps à chouille l’équivalent du PIB de notre très chère belle France en millésimes bon marché étrangement rougeâtres (c’est du thé en fait c’est pas du bordeaux) plutôt qu’à perfectionner son art mis en pause suite à de terribles circonstances dont notre héroïne n’a toujours pas pu se relever (diantre).Sauf que la mini-série Netflix compte bien se moquer de ses prédécesseurs. En effet, il apparaît que La femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre emprunte un ton parodique. Qu’il s’agisse de ces dialogues parfois vraiment sur-écrits et snobinards qui entrent en collision avec des répliques qu’on croiraient sorties d’un Z puant ou d’un nanar supratomique, tout y est pour sonner comme étrange voire faux. Et c’est en étant conscient de sa connerie que la série parvient à nous convaincre. Car certes elle a des choses à dire mais elle a aussi une histoire à raconter.Et une fois encore la stupidité est de mise. J’en veux pour preuve ce dernier épisode lunaire qui s’arque en ultime doigt d’honneur à ses modèles que cette fois-ci demeure plus qu’une moquerie, puisqu’il vient littéralement déranger voire bouleverser la cohérence de l’ensemble. Car si il y a bien une chose que la série tenait jusque là c’était de prendre son intrigue au sérieux (voire même un peu trop). Même si certains ressorts et développements nous semblaient ridicules, que certains rebondissements ou cliffhangers avaient de lourds sabots et que des indices disposés ici et là nous donnaient l’impression qu’on nous faisait constamment des clins d’œils, force est de constater que la production Netflix nous a bernée.Car on pouvait se sentir plus malin qu’elle. On se disait qu’elle n’avait que quelques cordes à son arc mais son ultime coup de poker aura été de plonger tête baissée dans la clownerie. Malgré toutes les conneries, je pensais que la série avait vocation à proposer une vraie enquête, un vrai thriller dans sa finalité. Je m’étais quelque peu trompé. Eh oui, la série a fait un geste, un geste de quelqu’un ou de quelque chose qui n’a rien à perdre, déraisonné, qui ne peut que diviser. Au vu de ce final, de cet ultime épisode retournant complètement nos attentes, venant jusqu’à titiller notre suspension d’incrédulité, je ne peux que m’avouer vaincu car même si c’est de la triche, c’est couillu de l’avoir fait.Donc voilà, on termine la série avec plein de questions. Est-ce que ce qui s’est passé est vrai ? Ça semble à la fois trop beau et trop con (la scène dans l’hôpital). Qu’est-ce que c’est que cette fin débile dans l’avion ??? Est-ce que c’est homologué d’écrire un truc comme ça ? Bref. Si vous voulez une alternative à la troisième saison de You, ça fait plutôt le café, tous les plans sont correctement mis en scène et photographiés (enfin presque tous), c’est suffisamment mesquin pour être à la fois drôle et attendrissant tout en proposant de vrais personnages clichés de thrillers (jusque la scène de sexe également commentée et moquée). Enfin c’est porté par une excellente Kristen Bell et il faut le dire, on a surtout envie de lancer la mini-série pour elle. Taillée pour le rôle, à la fois solaire et fragile (basic), un rôle qui ressemble un peu à son Eléonore de The Good Place (troquer en revanche la connasse/l’effrontée pour l’alcoolique endeuillée) vous suivrez gentiment les péripéties d’Anna (because it’s fucking Kristen Bell) mais ne vous attendez pas à grand chose non plus, c’est loin de vous faire sauter de votre canapé. Un production aux ambitions plus que modestes si ce n’est taper un petit peu dans la fourmilière là où ça fait mal. Mais bon on aura toujours vu plus subversif.Sympathique et charmante petite découverte.