Firestarter - Film (2022)

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Depuis plus de dix ans, Andy et Vicky sont constamment entre deux déménagements pour échapper à une agence fédérale obscure qui cherche à capturer leur fille Charlie. En effet, celle-ci dispose d’une faculté extraordinaire de pyrokinésie dont l’agence aimerait se servir pour créer une arme de destruction massive…

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Au final, même note que l'original des années 80, alors que le traitement est ici clairement meilleur. Je précise qu'à la sortie de la salle, la plupart des gens n'étaient pas satisfaits, trouvaient le film fade et la mise en scène inégale, sans parler du jeu des acteurs et d'une musique répétitive. Ce n'est pas mon cas, mais...Je préfère le souligner, j'ai été agréablement surpris car je m'attendais à une infamie. Une infamie car c'est Blumhouse qui produit, or ces derniers se sont illustrés dans la wokisation des classiques régulièrement dans les dernières années. Et un film militant qui ne s'assume pas comme tel est rarement un bon film. Or ce n'est pas le cas. La répartition du casting y est d'ailleurs étonnamment fluide, chaque acteur est adapté à son rôle et jamais personne ne semble parachuté pour remplir un quota, c'est un film sans arrière pensée qui mérite donc qu'on considère sa sincérité. Arrive maintenant le temps des comparaisons.Au regard de l'original, ce film a fait un très gros effort de rythme. Il choisit de suivre le quotidien de Charlie avant une résurgence de ses pouvoirs, et des conséquences que cela aura. L'intrigue est très resserrée (2-3 jours) là où l'ancien suivait la cavale sur des semaines, ce qui n'aidait pas à rester éveillé. De même, tous les temps morts explicatifs de l'ancien ont été zappés, le film va toujours à l'essentiel. Il a d'ailleurs considérablement densifié les personnages des parents de Charlie en leur donnant des logiques claires et des motivations vis à vis des pouvoirs paranormaux qui font un net effort de cohérence. En règle générale, tous les éléments de l'ancien film y sont, avec davantage d'intensité et d'émotion. Le personnage du tueur poursuivant la famille est d'ailleurs considérablement développé, au point d'en devenir une plus-value inattendue. C'est maintenant que l'on passe aux défauts.Ce film n'a pas le temps. Il a tellement de choses à mettre en place et à raconter qu'il ne prend jamais le temps de développer les situations et de laisser le temps aux émotions d'éclore. Il n'a juste pas le temps. Mais ce rythme trop soutenu ne faiblit pas durant le film, au point de créer parfois des situations peu plausibles. On doute en effet qu'un rapprochement émotionnel s'installe aussi vite entre une enfant et le tueur de sa mère (spoiler, pour ce qui est le plus visible en fin de film). En fait, ce n'est pas si grave. Le film veut bien faire et a des postures très intelligentes quand on y réfléchit, car il y a des surprises qui conservent une certaine cohérence. Le côté anti-héro du film est d'ailleurs bien assumé, il n'y a pas les excès qu'on aurait pu craindre. Toutefois, cet empressement déssert les émotions qui sont trop pressées pour embarquer le spectateur. Vient aussi la performance de Zac Efron. Ce jeune acteur, promu grâce au cinéma Disney Channel, essaye depuis quelques années de nous faire une Robert Pattinson en jouant dans un cinéma plus adulte (il a d'ailleurs tenté de faire un peu d'auto-dérision avec Alerte à Malibu). Mais il n'a pas encore le talent qu'il faut, malgré ses derniers efforts (Gold par exemple, un thriller survival ennuyeux où il livre une performance physique convaincante). Ici, il essaye de camper un père responsable et a droit à quelques scènes de pouvoir pas trop mal fichues. Mais il ne nous arrache ni larme ni sourire. Dommage, là où un personnage anecdotique comme celui de John Beasley suscite nettement quelque chose. Ah, pour les caméos savoureux, on est heureux de revoir cette bonne trogne de Kurtwood Smith (le mafieux de Robocop ^^). Et surement aussi un final trop vite expédié, là aussi, 5 minutes de climax, ce n'est pas assez.Que dire en conclusion ? Film bâclé ? Trop pressé ? Trop obnubilé par son rythme ? La réponse est peut être ailleurs. Charlie a toujours été un cru mineur de Stephen King. Un sous-Carrie. Il y a entre eux trop de points communs de concept pour ne pas faire la comparaison. Mais si la charge émotionnelle de Carrie est énorme, celle de Charlie est bien moindre, car on reste moins impacté par une mise en scène finalement assez peu intimiste, qui ne nous font jamais nous mettre complètement à la place des personnages. Cette nouvelle version a probablement fait tout ce qu'elle a pu, elle a tout repensé en mieux, lissé tous ses aspects, c'est un film très cohérent, mais trop resserré pour faire éclore son potentiel. Mais un potentiel de sous-Carrie peut-il prétendre à faire mieux qu'un film sympa ? Il faudrait rentrer davantage dans le drame intimiste, faire de la psychologie infantile, mais ça, ça frustrerait le public avide de divertissement. Et c'est finalement en tentant de régler les problèmes de forme que le film bâcle un peu son fond, sans rien oublier, mais en récitant à toute vitesse une rédaction trop bien écrite.Et pour la musique, quand Carpenter est impliqué, ce n'est jamais raté. Répétitif certes, mais jamais raté.